25.03 - Conseil Savoir-Etre de M. Laurent

Edition 5 - 2015

Tuxedo...

Si vous y  pensez, tuxedo est un nom étrange pour une veste n’est-ce-pas ? Mais d’où vient ce nom ?

Pierre Lorillard est un homme riche qui possédait une plantation de tabac au nord-ouest de New York. Il avait acheté ce terrain à la tribu Indienne locale de l’époque. Cette zone était  appelée « P'tauk-seet-tough », le nom du chef de la tribu qui signifie «la maison de l'ours ». Au fil du temps cette zone est devenue « Tuxedo ».

Lorillard  développa la plantation en un magnifique parc. Il y fit bâtir avec l’aide d’ouvriers italiens des maisons élégantes. Cet endroit devint le rendez-vous des riches et célèbres américains du moment. Ce fut la naissance du club « Tuxedo ».

Lors du premier bal donné au club en 1886, le vêtement à la mode pour les hommes est la veste queue de pie. Pierre Lorillard, son fils Griswold, et quelques amis trouvent cette veste peu pratique et démodée. Ils se présentent au bal avec une veste plus courte et portée sur un gilet. Beaucoup ont spéculé que cette veste fut conçue et adaptée par le célèbre tailleur de Savile Row, Henry Poole & Co.

Ce fut  la première apparition du Tuxedo et gilet lors d’un événement luxueux, formel et mondain.

 

Edition 4 - 2015

 

Verre brisé

L'habitude de briser les verres après avoir bu à la santé de la personne la plus importante avait pour but d’éviter que  les verres soient de nouveau utilisés lors d’une célébration moins prestigieuse.

Lors des mariages Juifs, le marié casse un verre à la fin de la cérémonie, en souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem, et le nombre de morceaux de verre symbolise le nombre d'années heureuses dont le couple bénéficiera.

Selon la légende,  le premier verre à facettes connu a été donné en cadeau au Tsar Pierre le Grand par le verrier Yefim Smolin. Il se vantait auprès du  Tsar que son verre était incassable. Le Tsar appréciait ce verre, mais un jour après avoir bu plus que de raison des boissons alcoolisées, il s’exclama :  Que le verre soit! (En russe:! Стакану быть - littéralement le verre soit). Il jeta le verre au sol et réussi à le briser. Selon la légende, les personnes présentes lors de cet épisode ont mal interprété les paroles du Tsar et pensaient que le Tsar  ordonnait de casser les verres (en russe:! Стаканы бить - battre les verres ou casser des verres), voilà comment la tradition de briser la verrerie lors de certaines occasions est née Russie.

 Edition 3 - 2015

 

Savoir-vivre   ET   2015

En général, le savoir-vivre dépend d'une série de règles allant du simple au compliqué, règles dont l'utilité nous échappe souvent et qui semblent tenir davantage de conventions imposées par la tradition que d'usages dictés par le bon sens et le respect d'autrui.

On dit que notre époque n'a plus de savoir vivre, que notre temps a tué la politesse. Rien n'est plus faux. Notre temps a tout simplement un autre savoir-vivre, une autre forme de politesse, issue des règles anciennes mais accordée au rythme de la vie moderne.

Il faut bien se dire que les règles du savoir-vivre qui risquent d'embarrasser quelqu'un ou de le mettre en état d'infériorité, ne sont plus des règles de savoir-vivre....

La structure du savoir-vivre peut etre définie par les termes suivants, dans cet ordre et à l'exclusion de toute autre :

  • BON SENS
  • AISANCE
  • NATUREL
  • SINCERITE

Le bon sens, parce qu'il permet de faire la part des choses et de considérer le savoir-vivre sous un aspect humain.
L'aisance, qu'on acquiert uniquement par l'habitude, dans une certaine mesure, le savoir-vivre est donc une habitude à prendre.
Le naturel, qui transforme la politesse en reflexes, lesquels suppriment son caractère de chose apprise.
La sincérité, qui contrebalance ce que le savoir-vivre peut encore garder de conventionnel, d'aucuns disent d'hypocrite.

 Edition 2 - 2015

 

Croyance et superstition

Même quand on n'est pas superstitieux on doit respecter la superstition des autres.

On évitera donc aux invités de se trouver 13 à table et l'on s'abstiendra de toute plaisanterie sur ce sujet qui pourrait les froisser.

S'il était impossible, au dernier moment, de trouver un quatorzième convive, on pourrait alors allonger la table au moyen d'un guéridon qui serait placé à l'un de ses bouts et l'on demanderait au plus jeune des convives, ou au moins important, de bien vouloir s'y asseoir. Par cette supercherie on ne serait plus assis 13 à la même table.

Cette superstition est très ancienne et remonte dit-on, à la Cène, de même que la superstition de la salière renversée.

Louis XV, s'apercevant un jour que treize personnes étaient assises à table, se montra de forte méchante humeur, mais continua son repas.

Grimod de la Reynière, se souciait peu au contraire, des superstitions. Le nombre 13 écrivait-il n'est à craindre qu'autant qu'il n'y aurait à manger pour douze.
Quant à la salière renversée, l'essentiel est qu'elle ne se renverse pas dans un plat.

 Edition 1 - 2015

 


L’Art de bien découper

L'art de bien découper est difficile à acquérir et ne peut être enseigné ni par théorie ni par illustrations, mais simplement par la pratique, avec l'exemple et les conseils d'un bon trancheur.
Il ne s'agit point seulement de couper tant bien que mal, mais bien de sectionner net et proprement de faire vite et sans effort visible.

Il faut que les viandes découpées présentent une surface unie et non point qu'elles paraissent avoir été sciées, déchirées ou écrasées. Il faut aussi avoir du goût pour bien dresser les pièces découpées et leur conserver l'apparence appétissante qu'elles avaient au sortir de la cuisine.
Talleyrand avait l'habitude, quand il recevait, de couper lui-même le rôti et de garnir l'assiette de chacun des convives à qui un valet allait la porter.

Il suivait alors l'ordre décroissant des préséances de façon éloquente :
Son Altesse me fera-t-elle l'honneur d'accepter une tranche de rôti?
Monsieur le Duc, puis-je me permettre de vous offrir un morceau de ce rôti?
Comte, acceptez-vous du rôti?
et en hélant le dernier au bout de la table
Rôti?

 Edition 8 - 2014

 

Diamant de Cuisine

La truffe est sans aucun doute le champignon,  qui a suscité le plus d'image éloquentes :

Diamant de la cuisine - Brillat-Savarin
Pomme féérique - Georges Sand
Négresse reine - Emile Goudeau
Gemme des terres pauvres - Colette
Odorante pépite - James de Coquet
Perle noire - Fulbert-Dumonteil

La truffe est le diamant noir de la cuisine. Si c'est au XVIème siècle que l'on commença d'employer des porcs muselés pour sa recherche, c'est au XVIIIème siècle que son usage se répandit. La truffe a donné une âme au foie gras.

La meilleure méthode pour truffer une volaille est de piler du gras de lard frais avec sel, cognac et truffes fraîches et ensuite remplir la volaille avec cette farce.
Il arrive qu'on désire truffer la volaille extérieurement, c'est à dire glisser des lames de truffe entre la chair et la peau. Cette pratique est à déconseiller. Les marchands peu scrupuleux l'emploient pour présenter avantageusement leurs bêtes, mais, seules les truffes qui bourrent le ventre donnent le parfum à la chair, les autres sècheront durant la cuisson et parfumeront le four !

Edition7 2014

 

C’est tout du même tonneau

Barrique (228 litres) ou demi-barrique (114 litres)  de Bordeaux
Pour faire, du bon et tendre chêne il faut.
Pièce (216 litres) ou demi-pièce (115 litres)
Peu importe pourvu qu’on ait l’ivresse.

Bareille de Corse (150 litres) ou barrique d’Anjou (254 litres)
Un bon amateur de vin ira au bout.
Barrique de Saumur (234 litres) ou barrique de l’Yonne (250 litres)
A la fin de la dégustation le client risque bien d’être reconnu comme un ivrogne.


Barrique de Beaune (228 litres) et Charge de Meuse (40 litres)
Pour charmer les bienheureuses et les rendre amoureuses,
Demi-muid du Midi (550 litres) et tambour (270 litres)
Pour apaiser les envies mais  peut etre aussi   attiser les amours.

Quartaut de Bourgogne (57 litres) ou arrobe de Malaga (32 litres)
Pour les petit-bras  qui besognent sans vergogne
Tierçon (91 litres) et demi-queue de Champagne (108 litres)
Pour eux qui travaillent la terre de nos campagnes.

Quartaut de Beaune (114 litres) et feuillette de Paris (134 litres)
Je souhaite que ces mots mon ami te  donnent envie
De te précipiter sur une bonne bouteille ou un flacon,
Au pire tu peux toujours mettre en perce une feuillette de Mâcon (107litres).

 Edition 6 - 2014

 

Ne joue pas, bois et profite

C'est ce moment de l'année ou il est agréable  de profiter de bulles alcoolisées, mais quelles bulles choisir, bulles de Champagne, d’Alsace, de Bourgogne, de Suisse, de Catalogne, du Piémont ou de l’Australie ....? Quoi qu'il en soit, il y a de bonnes et de mauvaises bulles dans toutes ces régions et dans tous ces pays.

De temps en temps la mode du Moser, cet  insolite gadget réapparait, un véritable non-sens pour moi.

Cette arme de destruction massive qui tourbillonne dans un verre de Champagne pour y faire mourir les bulles est une preuve de non connaissance du consommateur et de non-respect pour le vigneron. Si vous êtes un de ces utilisateurs de ce gadget, la prochaine fois commandez tout simplement  un verre de vin blanc…

Mais comme pour tout le reste il y a derrière cette habitude une raison, une tradition, une légende ou un fait.

L'utilisation du Moser  a commencé en France après la guerre de 1870. Les nouveaux venus dans la cavalerie Prussienne devaient boire la quantité de Champagne que leur plastron d’armure  pouvait contenir ; environ  une bouteille et demie. Il était quasiment  impossible d’avaler une telle quantité de vin pétillant. Les officiers eurent  l’idée de remuer la pointe de leurs épées dans le Champagne pour rendre cet exercice de beuverie guerrière plus facile.

Edition 5 - 2014

 

Mots et propos…

Oscar Wilde a dit que la conversation doit tout aborder, mais ne rien approfondir. Nous sommes tous à un moment ou un autre appelé dans un contexte soit privé, soit  professionnel à entrer en conversation.
Cet art de maitriser, contrôler et partager ses mots, ses pensées est pour certain un défi, pour d’autres une opportunité. Cet art c’est aussi avoir la patience et le courage quelquefois, d’écouter et d’entendre des termes qui font peur, rire, réfléchir, voir pleurer. Une bonne conversation est basée sur la bienveillance envers les autres et la discrétion de soi-même.  Cet échange  est une tribune qui vous permet de plaire, mais sachez éviter les sujets trop grivois ou trop sectaires, et surtout étouffer l’envie de parler de vous-même. Ne soyez pas trop audacieux avec vos affirmations et vos idées et prenez toujours le temps d’écouter.
Ecouter encore plus de temps en temps le silence de la conversation.

Apprenez à diriger la conversation sans interrompre vos interlocuteurs, évitez les apartés  et les chuchotements, enfin mettez toujours en valeur vos invités en identifiant le moment propice ou vous devrez vous effacer discrètement.
La conversation est l’art de ne rien dire en parlant beaucoup (Anthony Chester)

 Edition 4 - 2014

Jamais en public et encore moins à table…

En 1695 Antoine de Courtin, l'auteur d'un nouveau traité de la civilité qui se pratique en France parmi les honnêtes gens, écrivait déjà qu'il était incivil de se curer les dents devant le monde. Cette règle vaut toujours, même si dans certaines cultures, et basé sur mon expérience de « voyageur gastronome », je peux dire que  se curer les dents à table reste encore pour certains un  « sport national ».

Il est vrai qu'à l’époque de A. de Courtin on se curait souvent les dents avec un couteau ou avec une fourchette. Mais les cure-dents existaient déjà et l'inventaire dressé à la mort de Charles V nous révèle que ce roi possédait quatre cures dent en or, qu’on appelait des curettes. Plus tard on usa des lacets de soie très fins qu'on nommait des aiguillettes.
 
Mais le cure dent en bois, plume d’oie  ou métal parut toujours plus commode et plus pratique, et son usage s'est maintenu. Aujourd'hui comme au XVème siècle si vous ne pouvez résister à ce filament de viande agrippé à votre molaire, cette opération de nettoyage buccal ne peut s’exécuter qu'avec une extrême discrétion et hors de la vue des autres convives.

 Edition 3 - 2014

 

Mais cela vient d’où tout cela…

L’étiquette existe dans toutes les cultures, chez les Ming, les Berbères, les Ecossais ou les Maasai. La naissance de ses règles de vie n’est jamais très précise, par exemple, bien des gens se figurent, écrit Alfred Franklin dans son livre la vie privée d'autrefois, que l'étiquette a été créée de toutes pièces par Louis XIV.

Dès le règne de Charles VII, de nombreuses prescriptions constituant un code fort détaillé de l'étiquette et des préséances, étaient rigoureusement observées.

Le traité d'Alienor de Poitiers intitulé les honneurs de la cour a été rédigé entre 1484 et 1491, mais déjà avant elle, Jeanne d'Harcourt, comtesse de Namur avait en 1429 un traité de l'étiquette.
La cérémonie du lever du roi existait déjà sous Henri II, sous Henri III on renforce l'étiquette et sous Louis XIV l'étiquette devient encore plus minutieuse et plus stricte que sous les précédents règnes. Louis XIV en est le prisonnier, mais il s'y complaît.

Sous Louis XVI, l'étiquette était demeurée aussi sévère et formaliste.

Lorsque Napoléon 1er devint empereur, il restaura l'ancienne étiquette en lui donnant un aspect plus rationnel et plus conforme aux mœurs modernes. Cette étiquette se maintint sous la restauration, Louis Philippe et Napoléon III.

Edition 2 - 2014


Faites comme chez vous..

Comme promis le mois dernier voici la suite et la fin des règles de bienséance attendues par Sacha Guitry lorsque ses invités séjournaient dans la maison de campagne du maître. 
Mon article préféré est l’article numéro 9. L’hôtelier qui sommeille en vous partage probablement mon avis sur cet article….

6) La clef de la cave est à la disposition de messieurs les invités. Nous voulons parler de la cave à charbon.

7) A table quelque appétit que vous ayez, songez que vous n'êtes jamais le dernier à vous servir.

8) Les personnes qui viennent du samedi au lundi sont priées de ne pas prolonger leur séjour au-delà du mercredi.

9) Hélas toutes les joies sont limitées. Quand l'heure affreuse du départ aura sonné pour vous, que votre décision soit brusque. Ne cherchez pas à nous faire comprendre que vous allez partir, ne trainez pas, dites seulement "je pars"!

Vous verrez que nous serons aussi courageux que vous, nous vous indiquerons brièvement les heures de trains et sitôt que votre choix sera fait, nous n'en parlerons plus.
Nous ne voulons pas que votre départ soit un souvenir pour nous. Ce souvenir, c'est que vous serez venu !

 

Edition 1 - 2014


Faites comme chez vous..

Sacha Guitry artiste et écrivain du 20ème siècle, malgré ses 5 mariages, il jouissait d’une réputation de misogyne. Il illuminait la vie parisienne de ses œuvres et par ses bons mots.
Il aimait beaucoup recevoir dans sa propriété de Yainville en Haute Normandie et avait rédigé un règlement de bonne conduite affiché dans les chambres de ses invités.
En ce début d’année, je partage avec vous les 4 premiers  articles de ce règlement.

1)  Nous voulons consacrer ce premier article à vous souhaiter la bienvenue et nous vous disons : vous êtes ici chez vous, mais rendez-vous compte que c'est une façon de parler.

2)  Faudra-t-il vous répéter que votre chambre ayant été choisie avec discernement, il est inutile de vous entêter à vouloir en changer.

3) Vous trouverez sans peine, à la tête du lit, une petite poire avec un fil ; c'est la sonnette! A ce sujet, nous croyons devoir vous rappeler le vieux dicton Français : on n'est jamais si bien servi que par soi-même.

4) Si vous avez l'habitude de vous coucher de bonne heure ne changez rien à vos habitudes. Les résidents des chambres donnant sur le hall s'appliqueront à ne pas troubler par leur sommeil les conversations de ceux qui ne dorment pas.

D’autres articles tout aussi surprenants suivront dans mon article du mois prochain...

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